Fès - semaine  20

 

Partir une semaine. Oublier sa boite mails. Etre certain de ne pas trouver ses quotidiens préférés. Mais pourquoi, pourquoi ? Quitter sa famille, perdre ses habitudes culinaires, renoncer à suivre son feuilleton préféré ? Fallait-il que le jeu en valût la chandelle ! Que le changement et le plaisir soient au bout du chemin. Et ils l’étaient.

Nous fûmes seize. Seize femmes et hommes liés de près (ou de plus loin) à l’Association des Seniors de Normandie de golf, candidats au voyage et à la découverte de Fes et sa région mais également postulants volontaires à la vie en groupe. L’ASNG a, en effet, pris la bonne habitude de proposer un séjour au Maroc sous le signe du golf, sa raison d’être, sans omettre l’étrange climat des médinas, les promenades dans les jardins odorants, l’admiration d’un vol de cigognes…

Franchement, d’après des expériences personnelles malheureuses et passées (même peu nombreuses) on ne tire pas le gros lot à chaque fois. Mais là, allez savoir pourquoi, les Brigitte, Maggy, Michelle, Nicole, Danielle, Catherine…ont mêlé leur sympathique névrose golfique à celle non moins contagieuse des Géraud, Alain, Albert, Gilbert, Jean-Pierre, Dominique, Patrick (notre photographe) et Michel dans un déluge de départs forcément royaux. Sans pression, sans tension, sans agressivité. Si je vous dis que c’était bonheur à tous les étages et tous les jours, vous me prendrez pour un lèche-cul. Pourtant, c’était vrai.

Le Ryad « le Ksar de Fès » est situé loin de la ville. Il nous accueille pendant une semaine. Au milieu des orangers, des citronniers et des oliviers, animé par un personnel aussi compétent que dévoué, la résidence appartient à Pascal Capdevielle. Candidat aux prochaines élections législatives de juin 2017 afin de représenter les Français établis dans les 16 pays de la 9ème Circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest) à l’Assemblée Nationale, il n’a eu que peu de temps à nous consacrer, campagne électorale oblige. Quand il est présent — il a même joué au golf avec nous — c’est pour parler d’avenir, construire de nouvelles relations entre la France et l’Afrique, constater le bouleversement politique national en cours aux conséquences encore incalculables. On peut être joueur de golf et s’intéresser positivement au sort de la nation partout dans le monde.

Revenons aux fondamentaux. Cinq parcours magnifiques au programme. A Meknès, Fes, Rabat (pour les plus courageux) des scores en brut trop élevés (sauf pour les index à un chiffre) et parfois des Jésus qui se prennent pour des Bartabbas ! Les cadets ont beau connaître toutes les distances, tous les pièges, et vous tendre les bons clubs, les joueurs (joueuses) ne peuvent donner que ce qu’ils (elles) ont. C’est parfois beau, parfois moins bien. En plus, on joue en stroke ! Le mur du cent n’est jamais très loin…Et alors ? Comme dirait un homme politique célèbre. Ce n’est pas le championnat du monde, c’est la coupe du Ryad. Du kif au même pour un golfeur.

Du golf ? Certes mais pour occuper une semaine, ce serait un peu court. Albert Nicolosi (il sera le seul à être cité avec le président Alain Daguisé) rivalise d’imagination et de projets : promenade en montagne (avec genoux couronnés pour certaine) concert de piano et lecture par Mickaël Lonsdale lors du festival de musique sacrée, bien-être apprécié pour les amateurs de Hammam et de massage relaxant. Sans oublier les soirées apéro au clair de lune succédant au soleil rouge sur l’horizon. Vous avez compris que la semaine fut plus que bien remplie pour le corps et l’esprit. Je n’attendrai donc pas que Jean-Claude Porte lance l’ouverture de la liste du voyage à Fes en 2018. Je mets une option dès aujourd’hui.

 

Jean-Charles Houel